Le salon rouge a profité de la douceur de l'été pour s'exporter sur le bord d'un terrain (c'était à Metz) afin de rencontrer un fidèle de la Berrichonne.
Jean-Jacques DESRIEUX - 2 enfants, 4 petits enfants, vit à Aigurande une partie de l'année. Point commun partagé avec le président Patrick Le Seyec, la chasse en Afrique, ce continent qui l'attire beaucoup : "J'ai toujours dit à mes proches que je souhaite y laisser ma dépouille, s'ils peuvent le faire je leur en saurais gré. J'aime la Namibie, le Burkina Fasso, actuellement on a des projets sur le Cameroun, l'Afrique est un peu la terre mère, on en vient tous".
Entre l'Afrique et la Creuse d'où vous êtes originaire, il y a un sacré contraste...
-"Peut-être pas tant que cela, je suis né en 1948 et à cette époque il y avait une énorme entraide dans le monde rural, rien ne pouvait se faire facilement, il y avait peu de tracteurs et tout se faisait avec des chevaux et des équipages de boeufs. On retrouve ça dans la brousse, on ne peut pas vivre seul, j'aime traverser les villages et voir comment vivent les autochtones, comment ils tirent leur subsistance de la terre.
Vous êtes un jeune retraité ?
Je suis un industriel, j'ai cédé mon affaire il n'y a pas très longtemps (fin 2009) à mes cadres et ingénieurs qui le méritaient bien. J'étais à la tête d'un groupe important dans le domaine de l'impression pour lequel j'ai donné quarante ans de ma vie. Je tenais surtout à pérenniser les 150 emplois sur le terrain d'Aigurande.
La Berrichonne
Auprès de la Berrichonne depuis le début des années 90, environ. Aujourd'hui je suis actionnaire de la Berrichonne, j'en suis administrateur, je suis responsable de la commission du centre de formation. Mon passé au club est un peu atypique, en 1997 lorsque nous sommes montés en première division, j'ai eu la charge de créer un stade de 17000 places, travail dans lequel m'a accompagné l'actuel maire de Châteauroux Jean Mayet, cela a été un défi très intéressant de refaire toute la structure de ce stade Gaston Petit avec des entreprises du cru - j'y tenais absolument - Aujourd'hui on a un stade assez sympathique, qui vient d'être relooké avec une pelouse synthétique et j'espère qu'elle nous portera bonheur.
On m'a demandé par la suite de prendre en charge la construction d'un centre de formation. J'ai fait nommer son président à l'époque et c'était Patrick Le Seyec. Notre choix s'est porté sur le château de la Tremblère qui était disponible à ce moment là - Nous finissons d'ailleurs de le payer dans une douzaine de mois - Il fallait aussi acheter un terrain où il y avait des moutons, des joncs... et transformer tout ça en ère de jeu puis de monter ensuite un bâtiment technique.
Je connais donc parfaitement le centre, les jeunes s'y plaisent, les pros aussi, il y a une bonne mixité. Aujourd'hui j'accompagne mon vieux compagnon (ndlr Patrick Le Seyec) que j'ai poussé aussi à devenir président de la Berrichonne. Tant qu'il sera là je serais à ses côtés.
Nous avons recruté un nouveau directeur après le départ de Fred Zago. Laurent Cadu me parait être un garçon très sensé avec lequel j'ai d'excellentes relations, je pense qu'il s'est bien intégré et qu'il travaillera dans la durée.
Quel est votre regard sur le monde professionel du football à Châteauroux ?
L'équipe, elle me plait bien, je trouve qu'il y a un bon état d'esprit, comme on n'a pas eu depuis longtemps. Il me semble que pour avoir ce genre de chose il faut pérenniser, que l'entraîneur ne change pas trois fois dans la saison, que tout s'inscrive dans la durée. Si on veut aller vers l'excellence notre place est en Ligue 2, nous avons déjà fait un voyage en Ligue 1 mais le bassin castelroussin - voire le cadre régional - ne nous permettront jamais de faire un grand parcours dans l'élite.
Je regrette un peu que nous ayons été éliminés de la Coupe de la Ligue cette année mais je pense qu'on peut faire de bons résultats sur le championnat.
J'ai fait le déplacement à Tours début août, le football m'a bien plu, les garçons étaient volontaires et nous avons des recrues tout à fait sympathiques, et de qualité.
Le staff est bien dans sa tête, composé d'éléments solides autour du président et ça c'est important.
Pour en revenir au centre de formation, il y a quelques bonnes opportunités qui semblent poindre, je suis assez optimiste.
Il y a une grande cohérence, on ne peut pas dissocier l'équipe phare d'une CFA2, des U17, des U19. C'est un peu comme à l'école, quand vous êtes passé du cours élémentaire au niveau CM1, CM2, si vous n'avez pas une continuité dans la méthode d'enseignement il y a des ratés, des ruptures... Ce qui s'est bâti c'est cette grande cohérence.
Quels sont vos bon souvenirs berrichons ?
Beaucoup citent la coupe de France mais je crois que là où j'ai été le plus heureux c'est la saison précédente (2002/2003) quand on s'est sortis du fond de l'eau et qu'on a réussi à gratter notre présence en Ligue 2. De grands moments d'émotions, de tension, que je ne souhaite pas revivre évidemment, des moments très forts. Tout était à l'unisson, il fallait qu'on s'en sorte.
Pour la coupe, j'étais sur la pelouse du stade de France avec Patrick, c'est un moment inoubliable. Et de voir ce défilé de berrichons dans les rues de Paris... On n'a perdu que... 1 à 0. La préparation du match, le déplacement, et le cotoiement de tous ces personnalités, j'étais à deux pas de Jacques Chirac et de Jean-Paul Belmondo.
On était noyés au milieu d'un public parisien et quand Paris a marqué j'ai entendu tous les gens crier autour de moi, là ça m'a jeté un froid. J'aurai bien aimé qu'on égalise pour aller en prolongations, ce jour là les berrichons n'ont pas démérité, ils ont fait un très beau match.
Est-ce qu'il y a un joueur qui vous a marqué à la Berrichonne ?
Je me souviens de Nicolas Weber, on l'appelait l'homme aux trois poumons. Aussi de ce joueur adorable qu'était Ferdinand Coly, un de mes meilleurs souvenirs. Mais d'autres aussi comme Yann Lachuer.
Vos passions ?
Paradoxalement, je n'ai jamais pris de licence de football étant jeune. Creusois d'origine j'ai dû aller au lycée Pierre Bourdan à Guéret, compte tenu de ma carrure c'est le prof de rugby qui m'a mis la main dessus. J'étais souvent trois-quart aile ou demi d'ouverture.
Autre passion sportive, le tennis, je continue de jouer encore un peu pour m'entretenir.
Quand on est né à la campagne on ne peut pas faire autrement que d'aimer la pêche, la nature, aller à la chasse. Sur ce dernier point je préfère être un observateur avec un appareil photo plutôt qu'armé d'un fusil.
Enfin, j'aime le cinéma, la lecture et l'écriture de scenariis de films, j'en ai fait deux ou trois en toute humilité".






